Questions?

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52 réflexions au sujet de « Questions? »

  1. Pour le bénéfice de tous je retransmets ici une question adressée par A-J M le 5 janvier 2011!
    sujet: CO-EXISTENCE TROUBLE DU LANGAGE ET DYSPRAXIE

    Bonjour,
    Félicitations pour ce site!! Très intéressant et qui promet plus encore!

    J’aurais une question concernant une enfant de 7ans qui a un diagnostic de dyspraxie verbale sévère et qui me semble aussi présenter un trouble langagier se caractérisant sur le plan réceptif par une lenteur de traitement de l’information, des difficultés de compréhension des concepts de temps, d’espace et de tous les concepts abstraits (tout doit être présenté visuellement). Sur le plan expressif: en plus des diffiucltés de programmation des sons, phrases incomplètes et difficultés marquées sur le plan de la structure du récit. Est-ce que l’on peut parler de dysphasie et de dyspraxie? ou les difficultés de langage sont liées à la dyspraxie? Merci de me donner vos impressions…
    Salutations
    A-J M, orthophoniste

    • Bonjour A-J
      J’ai pensé publier ta question car très pertinente et je me suis dit que ça pouvais en intéresser d’autres. Oui les diagnostics de dyspraxie verbale et de trouble du langage peuvent co-exister. La dyspraxie verbale peut aussi se retrouver de façon plus isolée de même que le trouble du langage. Il arrive souvent que l’on observe une prédominance de l’un ou de l’autre dans le portrait communicatif de l’enfant c’est-à-dire soit du trouble moteur de la parole (dyspraxie verbale) ou au contraire du trouble du langage. L’important c’est de bien identifier ce qui touché sans tout attribuer à l’une ou l’autre des atteintes. Ceci est notre point de vue à Andréa et moi. Plusieurs auteurs dont Edythe Strand et Amy Meredith vont dans le même sens. Quelques auteurs comme Velleman ont tendance spécifiquement pour le CAS (Childhood Apraxia of Speech- dyspraxie verbale) à voir cela comme un « syndrome » qui affecte différents aspects de la parole et du langage. Dans l’article de Glossa (section parole en développement => dyspraxie), tu pourras peut-être trouver plus d’informations.
      Voici le contenu de 2 diapos de ma formation sur ce sujet:

      CONCLUSION ORTHOPHONIQUE:
      Amy Meredith ajoute:
      UN ENFANT EST RAREMENT JUSTE DYSPRAXIQUE
      Ne laissez pas le DX de dyspraxie être le seul quand il y a plus!
      Ne pas présumer, parce que l’enfant est DYSPRAXIQUE, que tous les autres symptômes sont liés au Diagnostic de dyspraxie (ex. : pauvre conscience phonologique, difficulté lecture, écriture, comportements TEDD etc.)
      Soyez clair avec les parents en ce qui concerne TOUS les facteurs contribuant aux déficits langagiers de l’enfant

      CONCOMITANCE TROUBLE DU LANGAGE/ DYSPRAXIE:
      La dyspraxie verbale peut se retrouver de façon plus isolée ou se retrouver dans des tableaux plus complexes.
      La dyspraxie verbale ne fait pas partie des troubles primaires du langage mais peut s’y ajouter
      Dans la description des atteintes, il est important de souligner la présence d’une dyspraxie verbale ainsi que son effet sur l’acquisition du langage

      J’espère répondre à ta question,
      Bye!
      line Charron

  2. Je retransmets une question du 15 janvier 2011…
    sujet: DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL ET INTERVENTION TRANSITIONS ARTICULATOIRES
    Bonjour,

    J’ai suivi la formation sur la dyspraxie avec Line Charron. Cette formation m’a été fort utile depuis. Je me permets de prendre qlq minutes de votre temps pour vous soumettre une problématique.

    Depuis septembre2010, je vois un enfant de maternelle (5ans) qui vient d’avoir un diagnostic TED. A mon avis, les caractéristiques TED de cet enfant sont très légères. Il a par contre un gros trouble phono qui se caractérise par l’omission systématique de toutes les fricatives et du R (ex: sucon est produit uon, chauffé est produit aué etc).
    Il y a également des transformations vocaliques mais qui sont constantes. Je ne suis pas certaine si je dois parler de dyspraxie compte tenu de la constance des processus. Par contre, je vois bien un certain tatonnement pour la production des phonèmes à l’isolé.

    La mère travaille extrêmement fort. Elle a stimulé la production des phonèmes S, Z, F, et V (la production du trait de voisement n’a pas été facile).

    A ma grande surprise, le transfert des acquis commence à se faire en conversation. Cet enfant m’impressionne pcq il est conscient de la présence de tous ces phonèmes qu’il arrive à anticiper. Par contre, il n’arrive pas du tout à produire le mot sans faire une coupure entre le phonème et la voyelle (ex: s erpent, pouss in). Ceci donne donc une production de phrase plutôt étrange!!!

    Je n’arrive pas du tout à lui faire enchainer les fricatives avec la voyelle sans la coupure (les fins de mots sont bien sûr maintenant correctes). J’ai travaillé dans des syllabes simples, avec le support du geste etc… Avez-vous une autre solution???

    un gros gros merci

    Caudine C..
    Orthophoniste
    CSD…

    • Bonjour Claudine,

      1- Tout d’abord je vais tenter de répondre à ta première question à savoir à savoir comment déterminer si cet enfant présente une dyspraxie :
      Pour cela je te référerais aux indicateurs de dyspraxie présenté lors de la formation et provenant de plusieurs auteurs américains (Velleman, Hammer, Strand, Bernthal, Flipsen et bien d’autres. On peut se référer à l’article dans Glossa aussi) en gardant en tête que les symptômes évoluent avec l’âge. Dans ce que tu écris le tâtonnement et la difficulté de transition d’un phonème à l’autre sont relativement typique de la dyspraxie verbale (DV). Les difficultés dans les transitions fait d’ailleurs partie des 3 indicateurs unanimement définis par les experts qui ont établi les lignes directrices de l’ASHA 2007 :
      a-Erreurs inconstantes dans la production de la même syllabe ou du même mot (affectant les consonnes et les voyelles)
      b-Allongement et/ou « coupures » des transitions d’un phonème ou d’une syllabe à l’autre
      c-Prosodie inappropriée
      J’ajouterais qu’il n’est pas nécessaire que TOUS les indicateurs soient présent au même moment.
      Il pourrait être intéressant de fouiller les indices qui étaient présents en bas âge, soit dans les caractéristiques de ses productions ou dans l’histoire de développement.
      Aussi étant donné l’interdépendance entre les aspects moteurs et plus purement phonologiques (linguistique) du phonème, il est loin d’être exclu que les deux composantes puissent être atteintes, donc important d’aller vérifier ces 2 aspects et les travailler selon les besoins.

      2- Concernant la deuxième partie, l’acquisition de phonèmes :
      Personnellement ça m’inquiète toujours un peu quand un enfant présentant une DV, acquiert très rapidement plusieurs phonèmes. Je m’explique…comme la difficulté principale chez l’enfant DV n’est pas l’acquisition de phonèmes (le phonotactique est plus atteint que le phonétique), mais de combiner ces phonèmes dans des mots (séquences de phonèmes et de syllabes), on recommande habituellement d’introduire prudemment les nouvelles cibles (phonèmes ou structure syllabiques) et de rapidement passer au travail dans les mots et les séquences de syllabes (Hammer, Bernthal, Flipsen etc…).
      L’introduction de plusieurs nouveaux phonèmes peut être très difficile à gérer pour l’enfant DV. Il pourrait par exemple avoir PLUS de difficultés à savoir comment bien placer tous ces nouveaux sons dans les mots (ne met pas le bon phonème ou ne le met pas à la bonne place dans le mot), mêler les caractéristiques phonologiques de ces nouveaux sons, réaliser des placements articulatoires imprécis (ex. un « ch » entre le « s » et le « ch ») et ne pas améliorer nécessairement son intelligibilité… Si je ne me trompe, ça ne semble cependant pas être le cas de ton client.

      3- Trucs pour travailler les transitions…Je te partage les miens…il y en a certainement d’autres :
      – utiliser davantage l’intonation comme indice pour les transitions
      – Travailler la cible en finale et tout de suite faire suivre d’une voyelle (ex. : la vaCHCH est belle, la vaCHCH est brune /va∫ԑbԑl/)=> la finale devient alors presqu’en position initiale….
      – Travailler en reproduisant cette « coupure » dans les pratiques et en réduisant graduellement l’écart entre la consonne et la voyelle
      – Allonger la fricative en relâchant/ouvrant doucement les articulateurs pour « accrocher » la voyelle( ex. : SSSSSSsssale)
      – Essayer avec certaines voyelles facilitant la coarticulation (ex. : s+i, ch+o/ou,f+é)
      – Récemment, j’ai réussi en utilisant l’indice de la DNP « ch », en faisant un long mouvement puis en transitant lentement vers la voyelle…

      Si d’autres idées me viennent, je les ajouterai… tiens-nous au courant !!!
      Bye!
      Line Charron

  3. Je me permet de recopier une question provenant du FORUM orthophonie-Québec le 24 mars 2011:
    sujet: MÉTHODES D’INTERVENTION ET EFFICACITÉ

    Bonjour, je suis étudiante à la maitrise en orthophonie et je travaille actuellement sur un séminaire sur la dyspraxie verbale et j’aimerais avoir votre avis sur l’approche/technique qui est utilisée dans vos milieux pour traiter ce trouble. Ce qui semble être utilisé:
    – La stimulation intégrale
    – la dynamique naturelle de la parole
    – Le prompt
    – l’approche exposé dans les formations de Line Charron
    – Beckman?
    – Adpated cued technique?

    Avez-vous un point de vue critique? Qu’est-ce qui fonctionne à votre avis?
    Merci beaucoup pour vos réponses!!

    Mélanie, étudiante à la maitrise

    • Bonjour ….
      Je trouve ta question vraiment intéressante et si tu me permets je vais tenter de clarifier un peu plus en détail comment je vois les choses…
      Dans l’intervention en dyspraxie verbale (DV), il a d’abord été reconnu (voir lignes directrices de l’ASHA 2007, <a href="http://www.asha.org/docs/html/TR2007-00278.html)" qu’il était essentiel de connaitre et d’appliquer les principes d’apprentissage moteur dans le traitement en DV. Ce sont ces principes qui doivent diriger l’intervention pour agir sur les troubles de la planification motrice… sans oublier cependant de traiter les aspects phonos si atteints, J’y reviendrai plus bas…

      La stimulation intégrale ou le DTTC (Dynamic temporal and tactil cueing, c est le nouveau nom) de STRAND est une méthode d’intervention qui intègre ces principes à la rééducation en orthophonie. Il y a d’ailleurs au moins une étude d’efficacité de cette méthode (Strand, E., & Debertine, P. (2000). The efficacy of integral stimulation intervention with developmental apraxia of speech. Journal of Medical Speech-Language Pathology, 8, 295–300), qui est reconnue de façon très unanime. Dans mes formations ce que je présente est une adaptation de cette méthode auquel j’ai inclus d’autres principes pour guider l’intervention : l’approche hiérarchique de Shelley Velleman, l’usage des principes d’optimisation des apprentissages moteurs, différentes façons/techniques pour fournir des indices.

      L’approche hiérarchique de Velleman pour sa part permet de préciser le choix des cibles phonétiques, syllabiques et phonotactiques (selon le contexte articulatoire) à travailler et explique comment le faire. Elle ajoute ou allie, l’aspect linguistique à l’aspect moteur et est très aidante dans la façon de choisir nos cibles (mots).

      Les principes d’optimisation que j’ajoute dans mes formations font en fait, parti de la stimulation intégrale, mais j’ai tenté de les rendre plus explicite, car ils n’étaient pas définis de façon assez claire pour moi dans cette méthode. Ces principes d’optimisation font en fait partie des principes d’apprentissage moteur (Schmidt : pratiques répétitives, la variabilité dans les pratiques, la fréquence, l’ajustement du niveau de la tâche, les types de feedbacks à offrir, l’ajustement du niveau de la tâche)

      Les indices pour leur part permettent de mieux encoder et préciser (fournir plus d’infos) les mouvements ou les séquences de mouvements travaillés. Pour cela il existe une foule d’outils (DNP-Gestes de Borel Maisonny, gestes style Prompt etc) et aussi notre propre créativité ;-)))

      Avec Andréa MacLoed PhD ULaval, nous avons abordé les choses un peu autrement dans l’article de Glossa 2010, en décrivant TROIS ASPECTS CLÉS dans l’intervention : les indices, l’organisation des pratiques et le choix des cibles. Les principes d’intervention cités plus haut s’intègrent dans ces aspects. http://www.glossa.fr/. ((J’en profite pour souligner qu’Andréa fera une présentation à l’école d’été de l’université Laval, le 13 juin pm sur ses résultats d’étude sur l’acquisition des consonnes en français québécois et sur le diagnostic différentiel trouble phono vs dyspraxie. (Il y a d’autres bonnes conférences aussi…voir http://w3.fmed.ulaval.ca/readaptation/index.php?id=1015))

      Pour terminer je voudrais juste ne pas oublier de dire que dyspraxie et atteinte phono sont souvent présent ‘ensemble’ à des degrés différents car ces deux aspects sont totalement interdépendants… à ne pas oublier dans l’intervention 😉
      Bonne journée!
      Line

  4. SUJET : PRONOSTIC

    Bonjour,
    De manière générale, est-il possible qu’un enfant de 4 ans, en rééducation pour une dyspraxie verbale, visiblement peu atteint par toute autre déficit , handicap ou désordre, ne présente absolument aucune amélioration au cours de 14 semaines de traitement en orthophonie ? Aussi, à partir de quel âge, environ, un tel diagnostique peut-il être confirmé et par quel professionnel ?
    Merci à l’avance,

    madame Couture
    Professeur de Techniques d’éducation à l’enfance

    • Bonjour madame Couture…
      Il manque beaucoup d’information pour pouvoir répondre clairement à votre question mais je pourrais peut-être vous donner quelques facteurs qui influencent le pronostic:

      1- Tout d’abord évidemment le degré de sévérité de l’atteinte=> plus l’atteinte est sévère plus les progrès peuvent être lents. Avec l’enfant qui présente une DV (dyspraxie verbale) importante, il faut parfois mesurer le progrès à petit échelle. Voici un Exemple de progression inspiré du ‘réel’ pour illustrer mon propos: Gabriel (nom fictif) réussit le son /v/ en isolé (seul) avec l’aide de plusieurs indices=> il réussit le /v/ avec la voyelle /i/ dans /vi/ AVEC l’aide d’indices => /v/ avec plusieurs voyelles différentes AVEC aide d’indices => /v/ dans les mots suivants …… AVEC indices => /v/ dans les mots suivants SANS indices => /v/ dans un énoncés à 2 mots avec aide d’indices puis sans indices puis en situation de langage spontané etc…. alors il faut parfois beaucoup de temps avant que les progrès réalisés en orthophonie se traduisent clairement en langage « courant ». MAIS on y arrive la plupart du temps…. et une fois les premiers apprentissages amorcés, le reste progresse un peu plus rapidement.

      Voici d,autres éléments importants qui peuvent influencer le rythme des apprentissages:

      2- la collaboration, l’attention et la motivation de l’enfant
      3- ses habiletés cognitives
      4- les autres atteintes langagières associées
      5- l’intensité du suivi en orthophonie + les techniques utilisées (usage des principes d’apprentissage moteur mixés aux considérations linguistiques)
      6- Le suivi à la maison et dans le milieu de garde
      7- Une fois les premiers schèmes d’apprentissages moteurs débutés, les sons suivants s’acquièrent plus facilement et plus rapidement.
      8- la maturation neurologique influence aussi les apprentissages.

      J’espère que ces éléments vous apportent un éclaircissement et je vous encourage évidemment à adresser aussi la question à l’orthophoniste traitante qui pourra répondre en fonction de l’enfant à qui elle offre un suivi.

      Merci de votre intérêt,
      Line Charron

  5. SUJET : INDICATEURS POUR DIAGNOSTIC DE DYSPRAXIE VERBALE
    Bonjour Line,
    Voici donc ma question

     » je vois un enfant depuis 1an 1/2  (30taines de rencontres) et qui a maintenant 6 ans.  Est-ce que l’inconstance des productions et les erreurs de séquences sont des critères obligatoires pour conclure à une dyspraxie?  

    L’enfant qui fait l’objet de ma question respecte les structures des mots et est généralement constant dans ses erreurs (peu importe les contextes).  Toutefois, la prosodie est particulière (il finit généralement ses énoncés en montant de fréquence) ainsi que le rythme (il répète souvent la dernière syllabe ou le dernier son du dernier mot de son énoncé en prenant une nouvelle inspiration ex.: « J’ai mangé,   é, et après, è, j’ai bu. » ).  Il fait aussi les transformations suivantes qui affectent de manière significative son intelligibilité: -antériorisation des palatales et  des vélaires (belle évolution avec la rééducation; ces erreurs sont occasionnelles maintenant en contexte spontané; en voie d’acquisition) -erreurs de voisement/dévoisement sur plusieurs consonnes fricatives et occlusives (très résistant à la rééducation)                                                                          
    Son langage est globalement dans les normes.  Il a été vu dernièrement en ergothérapie et l’ergothérapeute voit des traits de dyspraxie mais les performances de l’enfant ne correspondent pas toutes à ses critères de dyspraxie et l’enfant évoluerait très bien depuis le début de son suivi.

    En outre, j’ai fait passer à l’enfant quelques items du VMPAC et j’ai noté que les petites séquences de mouvements oro-faciaux étaient adéquates mais que l’enfant ne réussisait pas parfaitement toutes les séquences de phonèmes isolés et de syllabes couplées; ses productions étaient parfois laborieuses ou il rajoutait des « h » aspiré entre les items à répéter.  Il ne changeait toutefois pas la structure des syllabes.

    Je dois conclure bientôt et je suis tentée de conclure à une dyspraxie verbale mais comme l’enfant respecte la structure des syllabes dans les mots et que ses erreurs sont constantes (productions prévisibles) j’hésite…
    Pouvez-vous m’éclairer?
    Merci !

    Isabelle G
    Orthophoniste

    • Bonjour Isabelle, désolée de répondre tardivement et merci de ta question que tu n’es pas seule à te poser concernant les critères diagnostiques.

      En fait… c’est vraiment un ensemble de critères qui fait qu’on arrive à un diagnostic de dyspraxie verbale. Oui l’inconstance des productions
      est très fréquente chez l’enfant présentant une dyspraxie verbale parce qu’à la base les problèmes touchent la planification des mouvements. Oui les erreurs affectant la séquence des mouvements (se traduisant par l’ordre des syllabes et des phonèmes) est fréquemment touchée.

      Il faut cependant garder en tête qu’il y a plusieurs types d’erreurs qui se retrouvent à la fois chez l’enfant présentant une atteinte praxique et chez l’enfant présentant une atteinte phonologique plus typique.

      Il faudrait établir un tableau plus complet pour pouvoir s’avancer sur le diagnostic différentiel de cet enfant. Peut-être manque-t-il des informations pour conclure? Il serait intéressant d’enrichir les informations sur ses habiletés de perception phonologique par des tâches d’identification des contrastes phonologiques pour les phonèmes qui sont transformés (traditionnellement appelé discrimination auditive, ce qui n’est pas tout à fait juste car discrimination = pareil / pas pareil ….). Je reviendrai sous peu avec un petit « texte » pour parler du diagnostic différentiel et de certaines tâches d’évaluations pouvant nous aider.

      Pour conclure… je ne me sentirais pas à l’aise pour l’instant de me positionner sur le diagnostic de dyspraxie verbale. Il importe d’aller appuyer les impressions cliniques d’une analyse approfondie des indicateurs ayant permis d’arriver à cette conclusion … si cela peut te donner une idée, je te cite un cours exemple d’une façon d’appuyer l’impression clinique…:

      PAROLE ET PHONOLOGIE => …il ressort de façon assez claire que les productions phonologiques de l’enfant XX comportent plus d’erreurs avec l’allongement du mot, de l’énoncé ou dans des contextes plus spontanés.
      Sur le plan de la structure syllabique, l’enfant XX est capable de produire des mots comportant jusqu’à 3 syllabes, les 4 syllabes sont plus rares. Il est très laborieux pour elle de respecter la structure syllabique de mots nouveaux, plus complexes (ex. : avec groupes consonantiques) ou plus longs. Même avec plusieurs formes d’aide, elle a besoin de beaucoup de pratique pour arriver à respecter la structure syllabique de ces mots.
      Sans avoir évalué formellement la constance des productions, certaines inconstances sont notées ex camion /samjↄ̃/ /klamjↄ̃/ – hélicoptère /kↄptԑʁ/,/nekata/.

      Plusieurs indices sur le plan phonologique, nous laissent suspecter la présence de difficultés praxiques affectant la parole de l’enfant XX :
      -accroissement significatif des erreurs avec allongement ou complexification des mots ou énoncés; présence de complexifications, d’inconstances, de transformations des voyelles, grande amélioration de ses performances en ralentissant le rythme; pour sa part, l’amélioration avec un indice sur le mouvement à produire est variable. Les patrons d’erreurs affectent davantage la structure syllabique et les aspects phonotactiques.
      D’autres indicateurs de dyspraxie, reliées à l’histoire de développement et au MOP s’ajoutent : Persistance d’un léger manque de contrôle salivaire; difficultés importantes aux séries diadochosinésiques; babillage tardif vers 12 mois; mots acquis perdu; aucune particularité n’a été notée au niveau de l’alimentation.

      Alors je suis bien consciente Isabelle que ma réponse est partielle mais je l’espère toutefois « aidante »
      merci BCP !!!!!!!
      Line Charron MOA

  6. SUJET : SYMBOLES API

      Bonjour,

      J’ai une question très technique:
      Dans un rapport, quel caractère/lettre puis-je utiliser pour transcrire un sigmatisme latéral (voisé et non-voisé) qui affecte toutes les fricatives ?

      Merci d’avance pour votre aide et merci pour ce site fantastique!

    • Merci Pauline de ta question …
      en fait sur le tableau de l’API internationale la latéralisation s’écrit selon quelle est non- voisée ou voisée de la façon suivante [ɬ] ou [ɮ]. Tu peux te référer au site de l’API international que tu trouveras dans les liens pour même aller écouter ces sons ….
      Line charron 🙂

  7. SUJET: LIVRES EN FRANÇAIS

      Bonjour, pouvez-vous me recommander des ouvrages disponibles en Français pour la rééducation d’un enfant dyspraxique grand (12ans) déjà suivi en rééducation depuis plusieurs années.
      Merci d’avance.
      CDY

    • Bonjour Madame Claudine … malheureusement outre l’article dans Glossa en français je n’en connais pas !!!!!! si vous le désirez vous pouvez m,adresser des questions plus précises !!! Je tenterai de vous aider et je pense même à faire de petites chroniques à partir de vos idées de thèmes …
      Je connais des resources en anglais cependant …
      Merci bcp de votre intérêt …
      Line 🙂

  8. SUJET: DYSPRAXIE ET TSA ET BILINGUISME

    Bonjour,

    Dans le cas d’une dyspraxie verbale chez un enfant qui est éduqué en anglais à la maison mais en français à l’école, quels facteurs influencent le choix des phonèmes qui seront travaillés? L’enfant a 5 ans et son « jargon » ressemble plutôt à de l’anglais (accent, sons prononcés). Il a aussi une problématique TED.

    Dois-je choisir des phonèmes de l’anglais? Ou commencer par travailler les sons qui sont les mêmes dans les deux langues? Les bilabiales sont acquises en isolé et dans certains mots fréquents comme bébé ou maman, mais même les voyelles sont difficiles à reproduire pour l’enfant.

    L’enfant imite beaucoup et se fâche puisqu’il nous raconte des événements et qu’on ne saisit pas un mot de ce qu’il dit. Le PECS a été tenté en attendant de travailler plus à l’amélioration de l’intelligibilité, mais il se fâche puisque les images ne sont pas suffisantes à exprimer son message.

    Merci de votre aide!
    Marie-C, orthophoniste

    • Bonjour M-C …la réponse et difficile car il s’agit d’un cas complexe : Trouble du spectre autistique + Dyspraxie verbale = bilinguisme . Davis et Velleman répondraient que le premier but à atteindre est une communication fonctionnelle peut importe le mode. Un mode de communication alternatif est certainement une bonne idée… je n’en suis pas une spécialiste mais je sais qu’actuellement le IPAD offre en anglais plusieurs possibilités d’applications pour la communication… En fançais il y en a quelques unes.

      Le langage signé si possible pourrait être une autre avenue (honnêtement avec un enfant ayant des possibilités de parole ça marche peu selon MON expérience…). Y a-t-il par chez vous des spécialistes en communication non orale qui pourrait apporter de l’aide?

      Pour les langues… oui c’est une excellente idée de travailler les phonèmes communs aux deux langues mais il faut garder en tête que la généralisation est quand même difficile et doit être travaillée avec un enfant présentant une dyspraxie verbale.

      Il peut être intéressant de travailler aussi les phonèmes les plus stimulables et passer aux syllabes et mots le plus vite possible. Tu pourrais certainement travailler avec l’approche de « core vocbulary » un noyau de vocabulaire de base en anglais et en français parmi les plus utiles et avec les phonèmes de son inventaire dans chacune des langues.

      Sûrement qu’il faudra mettre ensemble plusieurs options pour cet enfants : Communication alternative + travail de la parole + core vocabulary + … ??!!

      Bonne chance …J’espère avoir minimalement supporté ta réflexion ,
      Cordialement,
      line Charron MOA

  9. SUJET: DIAGNOSTIC DE DYSPRAXIE

    Bonjour,

    J’ai un petit garçon de 2 1/2 ans. L’orthophoniste que nous avons consulté, pour le retard de langage de mon garçon, nous dit qu’il ferait de la dyspraxie verbale. Elle le suit maintenant au 2 semaines. Dois-je aller consulter un médecin pour une confirmation du diagnostic? Si oui, où dois-je aller? Je suis un peu dépasser pas les événements, pouvez-vous m’aider? Nous sommes de la région de Montréal.

    Merci beaucoup.

    Nathalie C

    • Bonsoir Nathalie …
      Alors tout d’abord c’est vraiment excellent que vous ayez consulté tôt et que vous puissiez avoir des services en orthophonie. L’intervention précoce est un facteur positif dans son pronostic.

      Non, il n’est pas nécessaire de consulter le médecin. L’orthophoniste est la spécialiste qui diagnostique les troubles du langage et de la parole. Il arrive parfois que nous ayons besoin d’une consultation du médecin pour faire d’autres références pertinentes ou pour des examens complémentaires.

      CONCERNANT le diagnostic ….Vous savez la dyspraxie verbale peut avoir différents niveau de sévérité, le pronostic est souvent positif avec de l’intervention. On ne peut pour l’instant à l’âge de votre garçon bien se positionner face à ses capacités futures. Plusieurs facteurs vont influencer son évolution : la présence de d’autres difficultés de développement, sa réponse au traitement, ses capacités d’apprentissage, son suivi orthophonique, etc vont influencer l’évolution. (VOIR QUESTION SUR PRONOSTIC PLUS HAUT)

      Pour l’instant, Il importe de vous assurer que l’on utilise une bonne approche , basée sur les principes d’apprentissage moteur de type « stimulation intégrale / DTTC » (dynamic temporal and tactile cueing- bon vidéo de Ruth Stoeckel sur apraxia-kids.org) en combinaison avec une bonne stimulation linguistique des sons (voir article dans Glossa dans section lien- un peu compliqué pour une non orthophoniste mais contient quand même des informations pertinentes).

      Alors ce sera certainement du travail … mais petit à petit votre enfant fera du progrès, ce sont souvent les débuts qui sont le plus difficiles mais après quelques mois de traitement votre enfant saura déjà mieux « comment » apprendre à réaliser les mouvements des sons avec sa bouche. De votre côté vous aurez plus d’informations sur ses capacités… Et avec de l’aide vous vous sentirez plus outiller pour l’aider aussi ….

      Bonne Chance !!!! et surtout ne vous gênez pas de parler de vos questionnements à votre orthophoniste !!!

      Merci et bravo pour votre implication !!!

      line charron 🙂

  10. SUJET: TRAITEMENT => TRAVAIL DE LA STRUCTURE SYLLABIQUE ET PHÉNOMÈNE DE SURGÉNÉRALISATION

    Bonjour,

    D’abord, un gros merci pour ce site et pour votre dévouement!

    Je voulais savoir s’il était pertinent de travailler les structures syllabiques avec des non-mots. Je comprends qu’il est plus fonctionnel de travailler avec des mots. Par contre, quand il s’agit de se construire une banque de mots par type de structure et selon les sons qui sont déjà acquis par l’enfant…je trouve cela un peu compliqué. J’aimerais connaître votre opinion.

    Également, je travaille avec un jeune enfant, 2 ans et demi, qui a une hypothèse de dyspraxie verbale. Un de mes objectifs est de travailler le son [f] dans des mots ayant des structures syllabiques différentes et dans des petites expressions fonctionnelles. Par contre, durant les activités, l’enfant surgénéralise le son, et met des « f » dans des mots qui n’en contiennent pas et qui d’habitude sont bien produits. Aussi, il est difficile d’introduire d’autres sons puisqu’il devient mélangé (ainsi, je ne travaille que le « f » et la précision des voyelles). Je crois que ça fait partie du processus d’apprentissage? Mais j’ai de la difficulté à le « corriger », et à lui faire comprendre que le son « f » ne se retrouve pas dans tous les mots. J’espère que je m’exprime clairement. Je sais qu’il est très jeune, mais qu’en pensez-vous?

    Merci,

    Julie

    • Bonsoir Julie … j’imagine que vous êtes orthophoniste ?!

      Alors ce que j’aurais tendance à te suggérer c‘est de ne pas te limiter qu’aux mots comportant les phonèmes acquis par l’enfant. Tu peux accepter les productions « approximatives » qui tiennent compte des patrons d’erreurs de l’enfant par exemple si ton objectif est le [f] en position initiale de bisyllabes tu pourrais prendre des mots comme « fini- famille- foulard- photo-fâché  » etc … si par exemple cet enfant ne produit pas de consonnes en position finale de mots tu peux accepter « foula » pour foulard – « fami »pour famille ou encore s’il produit le son [t] pour « ch » tu pourrais accepter « fâté » pour « fâché ».

      Tu peux utiliser des non-mots davantage pour un travail sur la ‘flexibilité’ pour l’amener à développer ses habiletés motrices pour passer d’une syllabe à l’autre … ex fa + autre phonème(s) cible(s) en bisyllabes selon ton objectif.

      CONCERNANT LA SURGÉNÉRALISATION … je te dirais que c’est féquent chez les enfants présentant des dyspraxies. Il faut dans ces cas demeurer prudente sur l’introduction de nouveau phonèmes. Prends ton temps pour en ajouter de nouveaux et assures-toi qu’ils sont bien consolider avant d’en ajouter d’autres.

      Tu pourrais vérifier et faire si besoin des activités d’identification de contrastes entre les sons qu’il mélange pour t’assurer qu’il distingue bien les contrastes des sons cibles et aussi pour améliorer sa conscience phonologique afin qu’il anticipe des changements articulatoires.

      Le travail en parole simultanée…en flexibilité (sous forme de jeu) pourraient aider…aussi dans le but de faciliter les changements articulatoires.

      Autre idée…utilise une parole un peu ralentie lorsque tu veux qu’il t’imite, cela lui permettra de faire les mouvements plus lentement et de mieux contrôler et anticiper aussi les changements articulatoires de sa parole et peut-être ainsi faire moins de processus ‘d’harmonisation’ si commun dans les tableaux de dyspraxies verbales.

      Voici donc quelques idées que je souhaite aidantes,
      Ne te gênes pas si tu as besoin de plus de détails…
      cordialement,
      line

  11. Bonjour,

    Je suis effectivement une orthophoniste. Merci beaucoup pour les éléments de réponse apportés.

    Je voulais valider ce que vous entendez par « le travail en parole simultanée », est-ce que l’enfant produit la cible en même temps que moi? Aussi, pour l’identification de contrastes, avez-vous des petits trucs? J’ai déjà essayé avec lui d’identifier les mots où il entendait le son f, et cela était extrêmement difficile(j’avais une activité avec des images qui représentaient des mots commençant par f vs d’autres mots où il n’y avait pas de f ni de v, qui est trop semblable. J’ai aussi essayé sans image afin qu’il se concentre sur « écouter » les mots).

    Également, une fois que le phonème est consolidé dans les mots isolés (l’enfant peut le produire dans différentes positions dans différentes structures syllabiques aussi), devons-nous poursuivre dans la même lignée qu’en rééducation des troubles phonologiques, soit en ajoutant un déterminant, puis une petite phrase figée, puis dans des phrases variées….? Bien entendu, il faut demeurer conscient de l’effet de l’allongement de la séquence..

    Merci,

    Julie

    • oui parole simultanée c’est la production ‘à l’unisson » en même temps que l’enfant. D’abord avec la voix puis en chuchotant et en enlever finalement la voix et en gardant que le mouvement des lèvres.
      Identification de contrastes, c’est identifier le trait contrastant 2 phonèmes : D’abord l,enfant doit d’identifier quel son est produit en isolé (ex /k/ (bruit du marteau) vs /t/(bruit de l’horloge)) puis en syllabes (ex. ka vs ta) et mots (dans différentes positions, gradation graduelle). Ce thème sera traité ultérieurement dans une capsule informative.
      concernant ta dernière question, l’acquisition du phonème doit effectivement se faire en mot, courts énoncés et phrases en se préoccupant du contexte articulatoire facilitant.

      Line 🙂

  12. Merci Line pour ta réponse instructive!

    Merci du temps que tu donnes pour partager tes connaissances; c’est très généreux et apprécié!

    • C’est un plaisir et important pour moi de le faire …Je sais parfois que les délais sont longs et je m’en excuse !
      Line 🙂

  13. Bonjour,

    Tout d’abord, merci et bravo pour votre site; c’est une référence crédible (et un site visuellement attrayant) pour les familles. Voici mon interrogation…

    Nous avons un garçon dyspraxique de 5 ans (au point de vue verbal seulement-du moins pour le moment. Il ira en maternelle en septembre, peut-être aurons-nous des surprises à ce moment). Nous croyons très fort en l’orthophonie et en l’ergothérapie et en faisons depuis 2 ans et demi déjà.

    Par contre, nous aimerions savoir s’il existe des études sur des moyens dits alternatifs (ex : acupuncture, ostéopatie, etc.). La DNP a eu un effet positif sur notre fils; peut-être que d’autres canaux sensoriels pourraient également lui être utiles?
    Merci,

    Julie

    • Sujet : APPROCHES EFFICACES

      Bonjour Julie,
      Merci de tes encouragements ;-).
      Généralement les approches qui utilisent à la base des principes d’apprentissage moteur (PAM) sont considérées comme les plus efficaces auprès de l,enfant présentant une dyspraxie verbale car elles adressent les bases des difficultés : la planification et la programmation des mouvements. Ce sont généralement des approches MULTISENSORIELLES dans le sens où elles utilisent de multiples indices visuels, , proprioceptifs, auditifs, cognitifs (genre instructions sur le mouvement à produire) permettant à l’enfant de produire le mouvement. La stimulation intégrale ou DTTC (dynamic temporal and tactile cueing) est à ce jour l’approche la plus reconnue pour appliquer les PAM. Il y a aussi le PROMPT (indices tactiles et proprioceptifs) qui ne peut se transposer au français mais la majorité des orthophonistes peuvent s’en inspirer et produire sur elle-même ou l’enfant des indices facilitant la production et l’intégration des mouvements.La DNP fait partie des approches qui utilisent des indices sensorielles. L’approche « d’approximations » successives de Kauffman est populaire dans le milieu anglophone (matériel en anglais) mais très critiquée. Il s’agit d’offrir des modèles « approximatifs » du mots ex André-Anne qui serait trop difficile à produire pour un enfant qui ne produit qu’une ou deux syllabes pourrait être modelé « é-anne » pour améliorer la production…CETTE MÉTHODE COMPORTE DES RESTRICTIONS car donne de mauvais modèles verbaux aux enfants. Il est essentiel d’être guidé par une orthophoniste dans cette approche car cela exige de bonnes connaissances du développement des sons.

      Lors de mon BootCamp aux USA (avec des experts), la tendance était de recommander des approches éclectiques/ multisensorielles c est-à-dire de multiples sources ou tendances. Pour moi le plus important est d’adresser le bon problème et comprendre de quelles façons l’approche utilisée adresse la source du problème, dans le cas de la dyspraxie verbale, c est un trouble du « mouvement » (planification/programmation motrice).

      Bonne continuité, en espérant vous avoir aidé,
      Line Charron 🙂

  14. Bonjour Line,

    Je viens de suivre la formation que vous donnez sur la dyspraxie verbale.
    Un grand merci pour votre disponibilité, votre expertise et votre partage d’expérience, cela nous est à tous très utile je pense.

    J’aurais deux questions à vous poser, tant que tout cela est frais dans ma tête :

    1. Connaissez-vous certaines tâches d’évaluations qui pourraient nous aider dans l’établissement du diagnostic différentiel trouble phono et dyspraxie verbale, même si ces aspects peuvent être interdépendants.(cfr tâches d’identification des contrastes phonologiques pour les phonèmes qui sont transformés, autre?…Avez-vous des exemples concrets de telles tâches autre que la simple discrimination phonologique de type pareil-pas pareil, un protocole éventuellement?)

    2. Dans un souci d’approche fonctionnelle, j’aurais voulu en savoir davantage sur l’approche « core vocabulary » qui constituerait un noyau de vocabulaire de base en anglais et en français avec les phonèmes de l’inventaire dans chacune des langues. Où peut-on se procurer un tel outil en français? Doit-on se le constituer ou en existe-il un?

    D’avance, un tout grand merci de prendre de votre temps pour nous répondre!

    • sujet : Travail en perception + Core vocabulary

      Bonjour Auriane!
      En fait si je comprends bien ta question, tu cherche comment évaluer si les contrastes phonologiques sont acquis. En fait la tâche dont tu parles discrimination pareil/pas pareil est la plus simple … vient après une tâche d’identification de contrastes entre 2 sons. ces sons peuvent être en paires minimales selon le trait non-maîtrisé par l’enfant ex pour une antériorisation des vélaires /t/ vs /k/ ou du dévoisement /p/ vs /b/. Dans mon expérience, il est parfois nécessaire d’aller vers des contrastes plus grands lorsque cette tâche n’est pas réussie ex /t/ vs /p/ en premier pour ensuite aller vers /t/ et /k/. Puis après une identification de phonème, ce phonème peut être mis en syllabe, puis en mot dans différentes position. Il est possible ensuite d’aller vers des jugement de mots de l’adulte interlocuteur puis des jugements de sa propre production. Les étapes que je te partage sont ici approximatives. Je te réfère aux travaux et livre de madame Susan Rvashew phD et Françoise Brosseau-Lapré MSc qui sont des spécialistes de la perception. Elles ont monté un programme pour travailler la perception phonologique en anglais SAILS et travaillent actuellement à le faire en français.
      Livre :
      Developmental Phonological Disorders
      Foundations of Clinical Practice (2012)
      Susan Rvachew, PhD, Françoise Brosseau-Lapré, M.Sc. (A), S-LP(c

      Voici quelques brèves infos sur l’approche « core vocabulary »de barbara Dodd
      Pour atteinte sévère avec des erreurs inconstantes. Vise la production de formes constantes d’un « noyau » de vocabulaire.
      Type et choix des cibles : avec les parents et l’enfant, un vocabulaire de 50 mots est choisi. Ces mots doivent être importants pour l’enfant et avoir une fonction dans sa vie quotidienne.Ex. noms de personnes, de lieux, de nourriture, de choses et activités préférées, mots sociaux (allo, merci, pardon…), etc.

      J’espère que cela répond à tes questions !
      Line

  15. Sujet: INDICES DANS L’HISTOIRE DE DÉVELOPPEMENT

    Bonjour,
    D’abord, merci pour la construction de ce site. Il est déjà une excellente référence.
    Comme vos réponses sont si intéressantes, j’ose vous posez une question.

    Actuellement, je soupçonne une dyspraxie verbale chez 3 de mes jeunes clients (le premier a 2½ ans et les seconds sont des jumeaux de 3½ ans). Pour l’un des jumeaux, jusqu’à l’âge de 3 ans, de fréquents étouffements (toux seulement) lors de l’alimentation étaient notés par la mère. Pour le plus jeune, des étouffements (toux seulement) sont notés lorsqu’il boit des liquides. Est-ce qu’il s’agit d’un signe clinique qu’on peut retrouver dans le cas d’une dyspraxie? À noter que les mouvements du mécanisme oral périphérique sont normaux.

    Je vous remercie de l’attention que vous accordez à ma question. Je souhaite longue vie à votre site.

    Caroline L, orthophoniste

    • Bonsoir Caroline, il y a effectivement fréquemment dans l’histoire de développement des enfants présentant des dyspraxies verbales des manifestations de difficultés affectant toutes les activités orales-motrices dont l’alimentation. Évidemment, cet indice à lui seul ne peut suffire à un diagnostic mais peut faire partie d’un tableau plus complet.
      merci de ta question ! 🙂
      line charron

  16. Sujet: calcul PCC

    Bonjour,
    Dans l’étude sur le développement des consonnes de Mme Macleod et cie (2011), il est question du calcul du PCC et du PMLU avec le casse-tête bulle. Dans ces calculs, les glides sont considérées comme des consonnes ou comme des voyelles?

    Merci

    • Je ne me rappelle plus pour l’article de madame MacLeod, désolée, j’irai vérifier ultérieurement et vous reviendrai sous peu mais les semi-voyelles sont considérées comme des consonnes habituellement.
      Merci!
      line

  17. SUJET: EXPANSEUR PALATIN CHEZ UN ENFANT DYSPRAXIQUE

    Bonjour,

    Je suis un peu embêtée concernant un de mes clients. Il s’agit d’un jeune de 9 ans présentant une dyspraxie verbale. Son orthodontiste recommande un expanseur palatin. Il est vrai que son palais est plutôt étroit (même avec légère asymétrie d’un côté) et il présente une occlusion « cross-bite » à droite. Les incisives inférieurs et supérieures présentent un chevauchement qui m’apparaît léger. L’impact de l’expanseur sur la parole inquiète la mère et je me questionne également. Elle a demandé à son orthodontiste de retarder l’intervention. Celui-ci lui recommande de ne pas trop attendre.

    Dans le contexte où l’intelligibilité du jeune est moyenne pour une personne familière et moyenne à faible pour une personne non familière et que les acquis se sont fait avec beaucoup d’efforts et de temps, serait-il préférable de retarder ou au contraire d’agir plus tôt concernant l’expanseur palatin? Y a-t-il possibilité d’expanseur palatin dont le port ne serait que de nuit?. Selon votre expérience, quelle a été l’ampleur de l’impact sur la parole de vos clients dyspraxiques qui auraient eu ce genre d’intervention? Avez-vous eu des cas où il aurait été préférable d’aller jusqu’à éviter l’intervention orthodontique? C’est beaucoup de questions… je sais!

    Cela représenterait un grand défi pour ce jeune d’arriver adapter son articulation à la présence de l’expanseur, puis de nouveau à l’absence de celui-ci ensuite. Auriez-vous quelques pistes à me donner?

    Je vous remercie d’avance,

    Anne D., orthophoniste

    • Salut Anne-Marie! Ton questionnement est trrrès pertinent et pas facile à répondre. L’expanseur doit être porté 8 mois environ et tout le temps! Même pour un enfant sans dyspraxie la parole est légèrement affectée . Certains expanseurs provoquent en plus une occlusion ouverte. C’est certain que le traitement en orthophonie devra être ajusté mais l’adaptabilité aux appareils est quand même grande. Donc après un certain temps, l’enfant réussit à compenser. Si la correction orthodontique est nécessaire il faudrait peut-être choisir un BON timing (ex. : en dehors des périodes de thérapie …l’Été?)
      Alors voilà … la question à se poser est finalement …est-ce un besoin nécessaire? si oui choisir une bonne période. Et ne pas trop s’en faire les premières semaines du port …. Intuitivement, je ne crois pas que l’impact sera si majeur après la période d’adaptation …mais il y aura un effet.Il faudra nécessairement « ajuster » l’intervention.
      Merci de la question…
      line 🙂

  18. Sujet : DYSPRAXIA PROGRAMMA

    Bonjour,
    Je suis orthophoniste. Un de mes patients présente une dyspraxie verbale.
    Concernant la rééducation de ce trouble, j’ai entendu parler du « dyspraxie programma » mais je n’arrive pas à trouver d’informations sur ce programme de rééducation. Le connaissez-vous ? Pouvez-vous me dire s’il s’agit d’une formation ou d’un programme accessible en France ? J’aimerais pouvoir aider au mieux ce jeune patient.
    Par avance, je vous remercie pour votre réponse.
    Cordialement

    • Bonsoir, le dyspraxia programma pour ce que j’en connais est un approche pour certains aspects intéressante en dyspraxie verbale. Elle vise le travail des séquences de syllabes (en anglais évidemment)… Elle est critiquée ici au Canada et aux USA car elle accorde à la base une grande et trop longue place au travail des praxies bucco-phonatoires (mouvements de la bouche) qui selon de NOMBREUSES études sont prouvés comme étant non reliés au mouvements produits en parole. En effet, les mouvements en parole sont très différents (force, amplitude,timing etc) des mouvements bucco-faciaux tels souffler, donner des bisous, tirer la langue etc… Les mouvements de la parole se produisent toujours en séquence et en lien avec d’autres mouvement (précédé de …ou suivi de … c’est-à-dire en coarticulation). Comme le problème de fond chez l’enfant présentant une DV est de mettre les sons en « séquences », on recommande de travailler dès que possible dans des syllabes et des mots.Il y a plusieurs articles sur ce sujet, voir section bibliographie.
      pour aider le mieux possible votre client je vous référerais à l’application des principes d’apprentissage moteur tel qu’utilisés dans la stimulation intégrale ou la DTTC (dynamic temporal and tactile cueing) et aux approches multisensorielles.
      Merci et j’espère avoir répondu à votre questionnement dans ma courte réponse,
      line Charron 🙂

  19. je retransmet ici une question qui avait été adessée dans la mauvaise section …
    sujet: MÉTHODE KAUFMAN

    Mon petit-fils de 4 ans 1/2 vient d’être diagnostiqué : dysarthrie . Il a la chance de demeurer près de Windsor, en Ontario. Il suivra une thérapie Kaufman, à Détroit.

    Je veux savoir si le Québec offre un service similaire avec des orthophonistes spécialisés par cette approche. Quelles villes offrent les meilleurs centres privés, car ma fille envisage de se rapprocher de nous. ( Saguenay).

    Merci de prendre le temps de répondre à une grand-maman, inquiète..

    Sylvie C

    • Bonjour Sylvie …
      Oui au Québec il y a de bons services dans les centres de réadaptation (CR) pour les enfants présentant des troubles moteurs de la parole. S’il s’agit bien de la
      dysarthrie votre petit fils sera probablement vu dans un programme spécialisé. L’approche de madame Kaufman est une approche intéressante mais comportant des particularités que l’on doit questionner. Son approche est controversée dans le milieu orthophonique américain. D’une part à cause de ses bases de son approche et de possibles conflits d’intérêt. Vous pouvez vous faire vous-mêmes votre idée en allant voir son site web http://http://www.kidspeech.com/. Vous pouvez aussi visionner des vidéos sur You tube. C’est une approche d’approximations successives où elle apprend à partir d’une liste de mots prédéterminés (en anglais) des approximations des mots …. en se rapprochant de plus en plus de la bonne façon de dire le mot. Par exemple : autobus pourrais être enseigné au départ comme bobu puis => obobu puis=> otobu et finalement autobus.
      Vous pouvez aussi trouver de l’information sur son approche sur « apraxia-kids.org »
      L’idée est bonne car effectivement au départ l’enfant n’a pas les habiletés de planification motrice pour réaliser certains mots, il le produit donc de toute façon avec une approximation … en plus c est une technique que nous utilisons en réadaptation en orthophonie MAIS il faut de garder une petite gêne car cette « mauvaise » production du mot peut aussi avoir un effet d’enseigner une mauvaise représentation phonologique du mot. C’est pour cette raison que certains auteurs critiquent cette approche, c’est pour cette raison aussi que les orthophonistes au Québec ne « surutilise » pas cette technique. C’est l’usage systématique des approximations qui est inquiétante.

      Merci de votre intérêt 🙂 ))
      line Charron

  20. Bonjour Line,

    Je suis orthophoniste dans une école spécialisée en déficience motrice. J’interviens présentement avec une enfant qui, suite à la maladie de Moya Moya, présente une atteinte praxique importante entre autres au niveau du mécanisme vélo-pharyngé. Bien qu’elle soit capable d’articuler presque tous les sons de la parole, la voix est très hypernasale et on note de la déperdition nasale constante ce qui nuit de façon importante à l’intelligibilité de sa parole.

    Quelle approche devrais-je utiliser? Par quel groupe de sons débuter? Quels exercices pourrais-je lui donner?

    J’aimerais pouvoir envoyer un petit programme d’exercices à la maison.

    Merci de l’attention que vous portez à ma demande.

    Hélène

    • Sujet : incompétence vélopharyngée / hypernasalité

      Bonsoir Hélène,
      Je t’avoue qu’en ce qui me concerne les cas importants de difficultés du contrôle du voile du palais, je travaille en collaboration avec des orthophonistes spécialisées en la matière. Elles vont fréquemment faire une ciné vidéofluorescopie pour approfondir l’évaluation et proposer des programmes très précis et spécialisés. Il m’est arrivé de travailler en collaboration avec une autre orthophoniste ou parfois d’ajouter leurs objectifs de traitement à mon propre plan de traitement.Elles pourraient certainement te coacher mieux que je ne ferais ! Merci et Bon Travail!
      line 🙂

  21. Bonjour,

    Mon fils, qui aura 4 ans en juin, est sur le point d’être diagnostiqué avec une dyspraxie verbale, mais je sens des hésitations chez l’orthophoniste.

    Il est suivi en orthophonie depuis qu’il a 3 ans (il voit une orthophoniste à l’hôpital pour enfants pour des blocs de 8 semaines suivis de 3 mois de pause, et nous voyons une orthophoniste au privé durant ces pauses de 3 mois). À 3 ans, notre fils avait un vocabulaire de moins de 50 mots. À 3 ans 3 mois, son vocabulaire était de 180 mots et il combinait 2 mots. En janvier, l’orthophoniste de l’hôpital a commencé à nous parler de dyspraxie verbale. Il babillait peu enfant, a souffert de reflux gastrique pendant 1 ans et présentait jusqu’à tout récemment une hyper sensibilité au niveau de la bouche (partie maintenant). Le reste de son développement était normal et il ne semble pas avoir d’autre atteinte motrice. Une évaluation psychologique a démontré un écart de 43 point entre son raisonnement verbal (expressif très faible, réceptif dans la moyenne inférieure) et son raisonnement non verbal (très supérieur à la moyenne).

    Maintenant à 3 ans 9 mois, il fait des phrases de style télégraphique de 3-4 mots avec des verbes à l’infinitif, aucun pronom ni article. Il arrive qu’il soit difficile à comprendre puisqu’il omet des syllables ou ne prononce pas bien certaines. L’orthophoniste qu’il voit au privé depuis février nous dit qu’il présente plusieurs éléments de dyspraxie verbale: Il omet la consonne finale de certains mots (ex. banane est dit « bana »), il effectue de la réduction syllabique, change les voyelles/consonnes dans certains mots (prononce « s » comme « ch » apr exemple). Étonnament nous constatons que depuis février, il fait de plus en plus d’erreur de prononciation comme ajouter des « t » (lat-pin pour lapin, chanton pour chanson par exemple). 1- Je me demande si le cfait de changer d’orthophoniste peut avoir eu une effet et 2- si les indications sont sufficantes pour parler de dyspraxie verbale ou si un autre trouble du langage devrais être considéré. Je crois qu’il est un peu tard, à presque 4 ans, pour parler de simple retard de langage.

    Merci beaucoup!
    Annie

    • Sujet : DIAGNOSTIC DYSPRAXIE VERBALE / effet de changer d’orthophoniste

      Bonjour Annie, tout d’abord je vois que vous connaissez bien le développement de votre fils. Effectivement avec ce que vous décrivez, son développement apparaît atypique et ne suis pas, même avec un délai, un développement qui semble typique. Je suis certaine que vos orthophonistes traitantes vous ont bien renseigné à ce sujet. Vous ne parlez pas de sa compréhension mais si je ne me fie qu’à votre description, le développement de sa parole est clairement affecté et entrave ou s’ajoutent à des difficultés sur le plan des phrases (morphosyntaxe). Faire des phrases exige que l’on maîtrise le système de production des sons car pour construire des énoncés il faut produire plusieurs combinaisons de syllabes, maîtriser la prosodie et un rythme propre. Plus il y a de mots, de combinaisons de syllabes à faire plus c’est ardue pour l’enfant présentant une dyspraxie verbale.

      Concernant votre 2e question sur le diagnostic, je ne peux malheureusement y répondre.Votre orthophoniste pourrait au moins partiellement y répondre. Vous retrouverez dans certains textes précédents et dans l’article de Glossa mis en référence dans la section ressource certains indicateurs de dyspraxie verbale. Le défi diagnostique est grand et parfois difficile à faire. Il faut parfois attendre de voir l’évolution pour se prononcer. Certaines atteintes praxiques sont plus sévères que d’autres, mais une fois le système d’apprentissage moteur des sons enclenché, les enfants font des progrès. Certains enfants font de grands progrès. On peut alors ‘à postériori’ faire l’hypothèse d’une atteinte neurologique moins grande. Il est clair que l’intervention permet l’enclenchement plus rapide des processus d’apprentissage moteur dans le cas d’une DV

      Concernant votre première question, non je ne pense pas que le fait d’avoir 2 orthophonistes soit en cause en autant que l’approche utilisée soit une approche appropriée pour la dyspraxie verbale s’il en présente une. Votre fils a maintenant plus de sons qu’il est capable de produire mais le défi (si il présente une DV) c’est de tous les combiner. Cela exige plus de coordination motrice. Il a plus de combinaisons à maîtriser et le nombre d’erreurs peut augmenter …c est comme jongler avec 5 balles plutôt que que 2. Le type d’erreurs que vous décrivez est commun chez l’enfant présentant un trouble des sons de la parole.

      J’espère avoir répondu même partiellement à vos questions et surtout ne vous gênez pas de poser vos questions à votre orthophoniste!
      Line Charron 🙂

  22. sujet: dyspraxie verbale sévère et apprentissage de la lecture

    bonjour,

    Je suis logopédiste. J’ai une fillette de 5 ans 1/2 qui présente une dyspraxie sévère. A 4 ans1/2, (début de la prise ne charge logopédique), elle ne produisait que quelques voyelles (a,i,u,é) ainsi que les plosives p,b,t,d. Après un 9 mois de travail, elle a acquis les voyelles manquantes, le m et le n. Le r et le l sont en train de se mettre en place. Par contre le k et le g ainsi que les fricatives résistent. Elle reste donc peu intelligible. Elle a largement recours aux gestes et aux mimiques pour se faire comprendre.
    C’est une petite fille qui a par ailleurs une excellente compréhension langagière.
    L’enseignante propose un redoublement car elle pense qu’elle ne pourra pas aborder le langage écrit l’an prochain.
    Il me semble au contraire que l’écrit peut être une aide.
    Cette décision de redoublement est-elle pertinente? Comment l’enseignement de l’écrit doit-il être adapté pour les enfants présentant une dyspraxie verbale?
    Je trouve beaucoup d’études concernant la dyspraxie visuo-spatiale et l’apprentissage de l’écrit, mais aucune concernant la dyspraxie verbale et l’apprentissage de l’écrit.

    Merci par avance de votre réponse

    Caroline P

    • sujet : DYSPRAXIE VERBALE ET LANGAGE ÉCRIT

      bonjour Caroline,
      Je partage entièrement votre opinion à l’effet que l’apprentissage de l’écrit pourra être aidant pour cette petite fille. Concernant le redoublement, sa déficience en parole ne devrait pas en être la cause, mais pour le reste je ne peux me prononcer. Les données de recherche montre que 50% des enfants dyspraxiques ont aussi des difficultés de lecture et écriture. Je ne suis pas une spécialiste du langage écrit mais je vais vous partager ma compréhension : Une des raisons est le sous développement de la représentation phonologique (sous spécifiée : manque détails) chez l’enfant présentant une DV dans sa portion motrice. En plus, une difficulté de réalisation des sons affectent aussi la perception (portion plus perceptuelle de la représentation phonologique). L’enfant a donc des repères « oraux »flous » auxquels il est difficile de greffer en plus un symbole écrit (graphème).
      Concernant les écrits je vous suggère d’aller sur le site « apraxiakids.org », vous y trouverez plusieurs écrits à ce sujet. Amy meredith PhD a écrit beaucoup sur le sujet et Ruth Stoeckel a fait un DVD disponible sur le site :

      Will Slow To Talk Mean Slow To Read?

      Description: New DVD on the relationship of early speech-language issues and late literacy
      Product Detail: With Ruth Stoeckel, Ph.D., M.A., CCC-SLP. Children with certain speech and language disorders, such as Childhood Apraxia of Speech, are at high risk for reading, writing and spelling difficulties as they advance through the school years.

      J’espère que cette réponse même partielle peut être aidante,
      line

  23. Bonjour,
    Avez vous des conseils à me donner afin de travailler le ‘stuffing’ lors des repas pour une enfant de trois ans?
    Merci
    Josée

    • Sujet : STUFFING
      bonjour Josée!
      Le stuffing est le phénomène de se « remplir la bouche » de façon excessive. L’enfant présentant une dyspraxie verbale peut avoir tendance à se remplir trop la bouche car en fait il ne ressent pas suffisamment les sensations tactiles ou proprioceptives à l’intérieure de sa bouche. genre de récepteurs qui disent « wow ta bouche est pleine…plus de place! ».
      Les conseils dépendent un peu de l’âge de l,enfant et de son niveau de compréhension. ils peuvent être de l’ordre de gérer nous-même la quantité qu’il prend, à donner des instructions pour que l’enfant comprenne certains signaux que sa bouche est pleine. On peut donner du feed-back (arrête, tu en as assez, sens-tu la nourriture à tel endroit? regarde dans le miroir) en faisant du renforcement positif lorsqu’il a une bonne quantité acceptable dans sa bouche, en l,aidant à se trouver des repères ( à associer certaines sensations à un résultat). La gestion de l,alimentation est un travail très spécifique et je ne vous donne que quelques idées. Ergothérapeutes et orthophonistes travaillent souvent ensemble dans ce type de situations. Essayer de voir les possibilités auprès de vos ressources! Les milieux de garde sont aussi fréquemment impliqués afin de générer des habitudes .
      voilà!
      Line

  24. Bonjour, ma fille a eu un diagnostique de dyspraxie verbale. Elle est suivie en orthophonie depuis l’âge de 3 ans, maintenant agée de 6 ans, elle finira bientot sa maternelle a l’école régulière. A 5 ans elle était diagnostiqué sévère, et en janvier de cette année (6 ans ) elle est modérée. Je suis fière de ses progrès. Quand elle a commencer son suivi elle disait à peine quelques mots et maintenant elle peut faire des phrases, mais elle a encore beaucoup de difficulté avec des sons comme j/z/v par exemple. Souvent ses phrases sont incomplètes ou mêlés. Mais au moins, aujourd’hui nous pouvons un peu converser avec elle et la comprendre beaucoup plus.
    Mais je me demande si le fait d’être dyspraxique lui donnera un handicap verbal à l’age adulte. J’aimerais savoir à peu près à quoi m’attendre. Je ne connais pas grand chose, personne que je connais à souffert ou souffre de dyspraxie verbale ou peu m’expliquer comment elle progressera. Aussi, elle rentre en 1ere année régulière en septembre, est-ce que ca dyspraxie va lui donner plus de difficulté à lire ou à écrire???
    Je vous remercie à l’avance.

    • sujet : ÉVOLUTION DE L’ENFANT DV
      Bonsoir Lucie,
      votre question est difficile à répondre car il y a plusieurs facteurs en jeux dans l’évolution. il y a évidemment la sévérité de l’atteinte, la présence de d’autres types de difficultés langagières et autres que langagières (ex.: habiletés cognitives), l’accès au service, l’intensité du suivi, le type d’approche utilisé, sa personnalité, la collaboration aux thérapies, ses habiletés en langage écrit, ses habiletés attentionnelles et j’en passe ! La dyspraxie verbale est un trouble persistant mais l’évolution est très variable et peut vraiment être favorable. Certains restent avec une parole légèrement différente, certains plus légers retrouvent une parole se rapprochant de la normale avec des difficultés présentes juste en situation de fatigue ou de stress, d’autres demeurent très limités sur le plan verbal et doivent aller vers des systèmes compensatoires, ce qui n’est pas le cas de votre fille, elle s’exprime déjà de façon compréhensible. Je vous encourage à demander à l’opinion de votre orthophoniste traitante.

      Concernant le langage écrit je vous invite à lire une question tout juste précédente à ce sujet.

      Merci!
      Line

  25. Bonjour!

    J’ai suivi la formation en mai dernier et je dois dire que plusieurs concepts m’ont été très utiles depuis! Merci beaucoup!

    J’œuvre en pratique privée et je me questionne par rapport à un de mes clients chez qui je soupçonne une dyspraxie verbale. L’évaluation initiale, qui était principalement basée sur des observations cliniques et parentales étant donné les atteintes importantes, indiquait un retard au niveau des habiletés expressives et de la parole. Après une dizaine de sessions de thérapie je soulève d’autres inquiétudes par rapport aux habiletés de planification et de programmation oral-motrice de mon client (p.ex. : des erreurs inconstantes dans la production de la même syllabe ou du même mot, un écart expressif/réceptif ; un retard au niveau de l’acquisition des structures de syllabes ; une atteinte de la séquenciation ; du tâtonnement occasionnel ; etc.). Bien que des progrès au niveau de l’intérêt à la communication et le désir de reprendre les modèles verbaux aient été observés, des difficultés significatives persistent sur le plan langagier. Mon client présente un retard important au niveau des habiletés de la parole qui entrave significativement le développement de son langage expressif.

    Cet enfant est également suivi en ergothérapie et en physiothérapie. Un professionnel impliqué dans le dossier avait recommandé un MRI afin d’investiguer davantage la nature des difficultés. Les résultats de cet examen indiquent un rétrécissement de la masse cérébrale (de la matière blanche).

    Ma question est la suivante, peut-on conclure à une dyspraxie verbale étant donné les résultats du MRI? Ou est-ce que les difficultés au niveau oro-moteur sont dues à ce rétrécissement?

    Un gros merci!

    • SUJET : CAUSES NEUROLOGIQUES?

      Bonsoir VQ 😉
      Bonne question …. je vais fouiller la réponse mais à priori je dirais OUI. La dyspraxie verbale est fréquemment associée à des déficits neurologiques. voici une citation de Megan Hodge, 2006 (apraxia-kids.com – traduction libre) Il n,y a pas de « portrait » unifié des déficits sous-jacents chez l,enfant présentant une DV. Il y a un Consensus à l’effet que la DV résulte de différences cérébrales associées à la génétique ou à d’autres facteurs qui limitent les ressources « neurologiques » pour l’apprentissage sensorimoteur de la parole. Cette différence cérébrale compromet et retarde l’apparition des processus d’apprentissage du langage.
      Je vais cependant poursuivre mes recherches sur le sujet!
      merci ta question est très pertinente!

      Line 🙂

  26. Bonjour,

    Mes collègues orthophonistes et moi sommes embêtées en ce moment par plusieurs cas de jeunes dyspraxiques (5-6 ans) qui présentent une dénasalisation persistante des voyelles. La plupart de ces cas n’ont pas de difficulté de discrimination auditive et ont progressé de façon très positive en terme de complexité syllabique et de production des différentes consonnes, mais l’intelligibilité est encore très affectée par cette dénasalisation des voyelles. Nous aimerions bénéficier de votre expérience pour structurer notre intervention. Plus précisément nous aimerions connaître les indices que vous jugez les plus aidants et la progression thérapeutique que vous adoptez dans ces cas.

    Un grand merci de nous faire partager toutes ces connaissances et de faire évoluer nos pratiques.

    Isabelle M.

    • sujet : TRAVAIL DES VOYELLES NASALES
      Bonsoir Isabelle!
      Très bonne question et merci de tes commentaires positifs !
      Voici mon opinion, la dénasalisation est fréquemment associée à un problème de « timing » ou en français de synchronisation. L,enfant n’arrive donc pas à ouvrir le voile du palais au bon moment lors de la réalisation motrice de ses voyelles nasales. Il se peut que pour l’enfant présentant une dyspraxie verbale (DV) la coordination des cordes vocales + la configuration articulatoire à produire pour la voyelle + ouvrir le voile du palais soit trop de mouvements à coordonner. La voyelle ne comportant pas de « points » d’articulation, elle est plus difficile à « placer » dans la bouche pour un enfant qui contrôle / ressent mal ses mouvements.
      suggestions :
      1- favoriser le contexte articulatoire donc : entourer la voyelle nasale de pleins de consonnes nasales ex mon, man, main, nain, non ….
      2-ajouter du contexte nasale au besoin : faire exprès d’ajouter un « gn » à la fin ou jouer à faire des /ɲɑ̃ɲɑ̃ɲɑ̃/ou des bang!L’idée ici c’est de « déclencher la production dans un contexte facilitant pour ensuite le reprendre en contexte moins nasale une fois réussis dans des conditions facilitantes
      3- penser à : utiliser des phonèmes nouveaux dans une structure syllabique déjà bien maîtrisée, ex si la structure CVC n’est pas bien maîtrisée , ne prendre que la Cv ou CVCV si bien réussie….
      4- indices :
      – Le gn en pictogramme,
      – Gestes de Borel-Baisonny ou DNP ou un plus attrayant pour l’enfant,
      – Un see skype pour qu’il ait un indice visuel de voir le truc monter dans le tube quand l’air sort du nez ou
      – Un spiromètre (C’est alors la balle qui monte). Il faut alors mettre le tube vis-à-vis le nez.
      – On peut aussi prendre un miroir sous le nez qui de la buée
      – Ralentir le rythme de production du mot

      Comme les photos ne peuvent être ajouter dans le message voici un liens avec photo de spiromètre : http://www.superduperinc.com/products/view.aspx?pid=OM114#.UCsnVUSltQ8
      même juste un tube avec un bout dans le nez et l’autre dans l’oreille pour entendre la nasalité souhaitée peut aider : http://www.superduperinc.com/products/view.aspx?pid=OM420#.UCsnzESltQ8

      Voilà quelques idées :)))
      merci beaucoup pour la question…très stimulante !
      Line

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